Confinés, conservés et surgelés… !

Mai 2020

Mai 2020, déconfinement rime avec bilan. Résistante pendant la crise, la filière fait désormais face à des incertitudes. La campagne 2020 démarre tout juste et déjà, des questionnements pèsent sur les mois à venir : disponibilité de la main d’œuvre pour les chantiers de récolte et dans les usines, productivité moindre, hausse des coûts liés à la mise en œuvre des gestes barrières, capacité de maintenance des matériels... Dans l’attente d’y voir plus clair, revenons sur les deux derniers mois de la filière.

En mars dernier, le monde entre en hibernation. Face à l’inconnu, il a fallu réagir, s’adapter, trouver ses marques. Le premier réflexe des français fut de stocker, par peur de manquer. La fréquence d’achat et le panier moyen enregistrent vite une forte hausse. La 1ère semaine de confinement, 20% des foyers déclaraient avoir fait des stocks, prioritairement sur des produits dits « de fond de placard » : les produits de longue conservation. Les ventes de conserves de légumes progressent ainsi de 50% à cette période. Logique, non ? On les garde longtemps et on peut les ressortir quand le frigo est vide ou qu’on manque de temps. Et les foyers en ont largement manqué récemment… Assignés à domicile, ils ont vu leurs habitudes changer : fini les repas à l’extérieur ! Avec les restaurants et cantines fermées, les livraisons perturbées et les parents en télétravail, le rythme quotidien est intense et les légumes en conserve ou surgelés s’avèrent de sacrés alliés dans cette course au temps, à l’équilibre familial et alimentaire.
Les grands légumes sont les gagnants de cette croissance fulgurante : 57% d’achats en plus pour la conserve, 35,3% pour les surgelés, les haricots verts en tête des ventes. La filière a dû faire face à des hausses de 20 à 70% en GMS pendant le confinement. « Soulignons les efforts considérables des différents acteurs de la filière Conserve pour répondre à la demande, adapter les chaînes de production, réorganiser l’acheminement », souligne Jean-Bernard Bonduelle, président de l’Uppia.
Car, en effet, tout au long de la crise, les agriculteurs ont continué à cultiver leurs champs, à semer et soigner nos légumes. Grâce à eux, les pois sont aujourd’hui en fleurs et la récolte peut commencer dans le Sud-Ouest. Reste à savoir à quelle sauce ils vont pouvoir être mangés désormais, avec la nouvelle organisation contextuelle mise en place…

Focus sur une mission-clé du Cénaldi : les bilans économiques et statistiques

Avril 2020

Tout au long de l’année, le Cénaldi recueille la moindre donnée de suivi de campagne auprès des OP adhérentes pour réaliser des statistiques techniques et économiques, à restituer ensuite aux adhérents sous forme d’information analytique qualifiée, capitale pour la négociation de leurs contrats avec les industriels, ou plus globalement, pour suivre l’évolution de la filière et offrir une base solide à d’autres missions du Cénaldi comme la représentation auprès des pouvoirs publics ou organismes agricoles auxiliaires.

La mission du Cénaldi démarre le 1er mars quand les OP déclarent leurs intentions de mises en culture : une estimation des surfaces à emblaver et un rendement prévisionnel qui permet d’évaluer les volumes par légume. De la compilation de ces données émane une synthèse préalable qui donne une première idée de l’évolution de l’année. Une fois les semis réalisés, le Cénaldi connaît les surfaces réellement semées par les producteurs de chaque OP : elles peuvent légèrement différer par rapport au prévisionnel en raison de paramètres météo ou industriels. Dès que la récolte démarre, le Cénaldi recueille auprès de chaque Organisation de Producteurs de grands légumes (pois, haricot, flageolet) une fiche hebdomadaire indiquant les surfaces et les volumes récoltés et en fait une synthèse complète, avec évolutions hebdomadaires par région et par légume, et comparaison des résultats avec ceux de l’année N-1 à la même période. Ce 2e bilan, remis à chaque OP, donne une visibilité sur le déroulement de la campagne : en avance ou en retard sur le programme de récolte ? Quelle région rencontre des problèmes particuliers ? Puis en fin de campagne, le Cénaldi récupère les résultats économiques par légume et par OP entre décembre et mars, pour produire cette fois-ci une synthèse nationale doublée d’une synthèse individuelle par légume qui permet à chaque OP de se situer par rapport aux autres, mais aussi de mettre en place des indicateurs interprofessionnels à utiliser dans le cadre des négociations entre les différents acteurs de la filière. Depuis quelques années, cette mission spéciale du Cénaldi s’est vue agrémentée d’une strate supplémentaire qui distingue, à chaque étape, la production conventionnelle de la production biologique.

À quoi ressemble l’agriculteur français d’aujourd’hui ?

Mars 2020

Le Salon International de l’Agriculture s’achève et comme tous les ans, il est l’occasion de redécouvrir le visage ô combien évolutif d’un métier très symbolique en France : l’agriculteur. Loin de l’image datée que nous aurions du paysan d’autrefois, voici le portrait-robot d’un agriculteur en France de nos jours. Âge, sexe, formation, revenus : son profil recouvre des réalités assez surprenantes.

Première nouvelle : un agriculteur sur trois est… une femme ! Les femmes ont toujours joué un rôle central dans l’agriculture, un rôle souvent méconnu, mais cette période est révolue : aujourd’hui, 30% des agriculteurs sont des femmes et cette proportion ne cesse d’augmenter, surtout en tant que chef d’exploitation. Elles et leurs homologues masculins ont un âge moyen de 49 ans. Et plus les agriculteurs/trices sont jeunes, plus leur niveau de formation est élevé : 39 % des moins de 40 ans ont suivi des études supérieures, alors que par le passé, la majorité avait un niveau inférieur au bac. Ils sont répartis sur les 452 000 exploitations agricoles françaises, de 62 hectares en moyenne, situées principalement dans l’ouest de la France et en Rhône-Alpes.

Les producteurs de légumes pour l’industrie disposent d’exploitations diversifiées (polyculture ou polyculture-élevage) de 130 hectares en moyenne : le légume occupe ainsi 10 à 15 % de leur surface agricole ; des exploitations « fidèles » puisque 49% produisent des légumes depuis plus de 20 ans ; des exploitations équipées puisque la moitié est dotée d’un système d’irrigation autonome.

Ce n’est pas un secret, l’agriculteur travaille beaucoup : plus de 53h par semaine, loin devant la moyenne française (37,3h). Pourtant, il gagne peu au regard du temps passé : si ses revenus sont très variables d’une année sur l’autre et d’un secteur à l’autre, on peut tout de même affirmer qu’ils sont globalement très aléatoires. Mais proche de la nature, il développe de plus en plus la fibre écolo. Fin 2016, les agriculteurs gèrent 32 264 fermes biologiques, soit de 11 % de l’emploi agricole mais seulement 5 % des exploitations, ce qui présage d’une belle marge de progression pour les années à venir !

Une meilleure rémunération pour les agriculteurs : Merci Loi EGA !

Janvier 2020

En 2017, le président Macron annonçait une loi pour mieux rémunérer les agriculteurs. Les Etats Généraux de l’Alimentation étaient lancés l’été-même. Deux ans après, où en est-on ?

Parmi les objectifs du président de la République, rééquilibrer les contrats entre agriculteurs, industriels et distributeurs, de manière à mieux rémunérer les paysans : « Nous modifierons la loi pour inverser la formation du prix qui partira du coût de production. » Cette loi EGA, pour Etats Généraux de l’Alimentation, veut faire la lumière sur la fixation des prix tout au long de la chaîne et améliorer la répartition de valeur entre les différents acteurs. Comme prévu, elle instaure le principe de la « construction du prix en marche avant » : la 1ère proposition de contrat doit émaner du producteur (ou de son organisation de producteurs) sur la base d’indicateurs définis par la loi ; ceux-ci prennent en compte les coûts de production mais aussi la situation des marchés, pour obtenir les prix les plus justes.

La démarche est largement saluée par la filière des légumes pour l’industrie (qui pratique déjà la contractualisation depuis longtemps) : mais comment s’intègre-t-elle dans le processus en pratique ? D’abord, lesdits indicateurs sont élaborés de manière collégiale, au sein de l’interprofession, entre représentants de producteurs et d’industriels. Ensuite, le guide interprofessionnel des bonnes pratiques contractuelles, qui traduit concrètement la loi dans les négociations agro-industrielles, est mis à jour pour prendre en compte la loi et fixer le rôle de ces indicateurs.

Le Cénaldi joue alors un rôle primordial de conseil et aide à la mise en œuvre de la loi dans les relations entre ses organisations adhérentes et leurs producteurs. Le maître mot ? La transparence ! Car, comme la loi l’indique, les organisations de producteurs se doivent désormais de garantir à leurs adhérents une transparence totale sur la commercialisation qui est faite de leurs produits et sur leur rémunération qui en découle.

 

Indemniser les pertes liées à un incident sanitaire ou environnemental : YES WE CAN !

Décembre 2019

Le saviez-vous ? Il existe une section spécialisée « légumes pour l’industrie » au sein du FMSE, Fonds National Agricole de Mutualisation du risque Sanitaire et Environnemental. Une section créée à l’initiative du Cénaldi.

Voilà comment ça fonctionne. Le FMSE est constitué d’une section transversale et de sections spécialisées. La première indemnise essentiellement les pertes liées à un incident environnemental global, non rattachées à un secteur de production en particulier. Les sections spécialisées, quant à elles, créées à l’initiative de chaque secteur de production, sont là pour indemniser les incidents sanitaires propres à leur secteur. Agréé par le Ministre de l’Agriculture en septembre 2013, le FMSE connaît, depuis, une belle ascension et compte bientôt 12 sections spécialisées qui ont pu indemniser plus de 18 000 agriculteurs touchés par des incidents sanitaires, grâce aux cotisations des agriculteurs affiliés.

Pour encourager la prévention et la lutte précoce, le FMSE accompagne la mise en place des politiques sanitaires en indemnisant le coût des mesures de lutte, indispensables à la protection des cultures en amont de tout incident sanitaire, comme le développement de parasites dans une culture. Les légumes tels que les carottes ou les salsifis sont particulièrement concernés. Voilà pourquoi l’AOP Cénaldi a initié la création d’une section dédiée aux « légumes pour l’industrie ». Elle la structure et en assure la gestion, dans le but d’indemniser les producteurs affiliés, principalement suite à la découverte de nématodes de quarantaine dans les cultures de légumes. Ces parasites invisibles à l'œil nu pénètrent dans les racines et tubercules et les déforment. En présence confirmée de tels parasites, la destruction de la culture légumière peut être exigée, suivie d’une jachère noire ; soit l'obligation de laisser le sol nu, la parcelle vierge de toute culture pendant au moins un an et maintenue exempte d'adventices ou de repousses des précédents culturaux. C’est dans ce cadre que le Cénaldi intervient, en soutien de l’agriculteur affilié et en compensation des pertes de revenus qu’il subit.

Du champ à l’assiette : le cycle de vie du haricot

Novembre 2019

Entre Mai et Octobre, le haricot vit un parcours riche en rebondissements avant d’arriver jusqu’à vous. Les français sont nombreux à plébisciter ce légume aux vertus nutritionnelles reconnues. En conserve ou en surgelé, sa fraîcheur reste intacte pour venir agrémenter vos plats tout au long de l’année.

Le saviez-vous ? Un haricot vert naît au printemps, voire au tout début de l’été. Il aime la chaleur et pousse très vite. Il lui faut 60 à 80 jours, s’il est convenablement arrosé, pour atteindre le stade de gousses dites « immatures », fraîches et tendres par opposition aux haricots « secs ». Il est alors récolté durant l’été, impérativement avant les 1ères gelées. Pour assurer une récolte régulière sur la saison, les semis sont savamment échelonnés et planifiés. Une machine spéciale sert à leur récolte : dotée d'un large peigne, elle soulève les gousses et les détache. Des ventilateurs éjectent les feuilles et les tiges, tandis que les gousses sont sélectionnées dans une trémie. Après cela, pas une minute à perdre ! Pour préserver leur fraîcheur, c’est une véritable course contre la montre qui s’enclenche. Vite, vite… Le haricot est rapidement transporté à l’usine, pour être surgelé ou appertisé dans les quelques heures qui suivent la récolte. Dès son arrivée, il est minutieusement calibré, nettoyé, trié, ébouté, avant l’ultime phase du blanchiment. C’est donc au mieux de sa forme qu’il est figé dans le temps, mis en conserve ou surgelé. Ses qualités nutritionnelles restent intactes. Il peut désormais sagement attendre d’être consommé ! Et il l’est en grande quantité en France : le haricot, vert ou beurre, est le 1er légume transformé consommé par les français. De ce fait, c’est le légume pour l’industrie le plus cultivé en France, ce qui représente environ 40% des volumes de production nationale et prend une place prépondérante dans l’espace d’approvisionnement des usines.

Génôme du petit pois décrypté :
planète sauvée ?

Octobre 2019

Le génome du petit pois vient d’être décodé par une équipe de chercheurs internationaux, dont des Français de l’INRA et du CEA. Leurs découvertes ouvrent des perspectives pour l'alimentation, la transition agricole et la lutte contre le réchauffement climatique.

Deux équipes françaises de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) et du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) planchent sur le sujet depuis 2013, aux côtés de leurs confrères tchèques, australiens, américains, canadiens et néo-zélandais. Tous se concentrent sur cette légumineuse aux qualités exceptionnelles. Nutritives d’abord, parce que le petit pois est très riche en protéines et présente une réelle alternative à la consommation de viande. Et agronomiques ensuite, puisque sa capacité à fixer l'azote présent dans l'air réduit considérablement le besoin en engrais, tout en contribuant à enrichir naturellement les sols. L’usage d’engrais azoté ainsi diminué, la culture du petit pois apparaît alors comme un atout dans la réduction de la production de gaz à effet de serre.

C’est pour toutes ses caractéristiques si particulières que les scientifiques s’y sont intéressés. Maintenant que son ADN a été décrypté, il s’agit désormais de l’optimiser et de le renforcer : booster sa résistance aux maladies ou au stress hydrique, perfectionner la régularité de son rendement ou même maximiser sa valeur nutritionnelle. Ce décodage du génome n’est in fine rien de moins qu’une formidable opportunité d’avancer à vitesse grand V dans la sélection génétique du petit pois, pour améliorer la qualité de notre alimentation et mieux protéger notre environnement. Et quand la science se met au service de la nature, nous, on adhère !

Quand le Cénaldi mène le Ministère de l’Agriculture… au plus près des Agriculteurs.

Septembre 2019

Messieurs-dames bonjour, veuillez troquer vos tenues de bureau contre un jean et des baskets. Aujourd’hui au programme : visite de champs, récolte, rencontres et dégustation, au cœur de l’une des plus grandes exploitations de Haricot Beurre des Hauts-de-France. Suivez le guide !

Le 3 septembre dernier, le Cénaldi organisait la 4ème journée de découverte et de collaboration, à destination des représentants du Ministère de l’Agriculture et de FranceAgriMer, directement dans les champs !
Cette réunion désormais annuelle est à chaque fois l’occasion de rencontres avec les différents acteurs du secteur autour des réalités terrain vécues par les agriculteurs, et de sensibilisation aux avancées ou difficultés qu’ils affrontent.

Cette année, 15 personnes s’étaient donné rendez-vous pour un programme aussi convivial qu’instructif articulé autour de 3 temps forts.
La journée démarre par la visite d’un champ en pleine récolte, le fonctionnement du chantier et des machines. L’une des deux est en panne ce jour-là, un matériel coûteux qui tourne 24h/24 en pleine saison et qu’il s’agit de renouveler régulièrement pour éviter tout incident nuisant à la productivité escomptée.
Puis les participants suivent le parcours du légume jusque dans l’usine, où il est trié et lavé avant emboîtage et stérilisation. En quelques heures, il passe du champ à la boîte, non sans avoir été dégusté par les convives directement depuis les lignes de conditionnement. Ceux-ci peuvent alors constater sa fraîcheur, mais aussi l’ampleur du dispositif technique et logistique qui l’entoure à chaque étape.
L’après-midi, les échanges en salle permettent de revenir sur l’organisation de la filière et sur la mise en œuvre de la réglementation européenne spécifique au secteur des fruits et légumes. La journée s’achève sur d’excellentes impressions et sur des résolutions concrètes relatives aux enjeux et priorités calendaires de la filière.

Rendez-vous est pris pour l’année prochaine !

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